Courir un 10km à trois semaines d’un marathon, ce n’est pas très conventionnel. Mais tu le sais, les cadres très rigides et les entraînements trop stricts en course à pied, ce n’est pas trop mon truc.

Je ne regrette pas d’avoir participé à cette course de village sur un coup de tête. Non seulement elle m’a permis de couper la monotonie de mon plan d’entraînement mais grâce à elle j’ai surtout réalisé mon tout premier podium de coureuse.

Quelques jours avant

Chéri avait envie de courir ce week-end là. Rapide coup d’oeil au calendrier, pas grand chose de prévu pour ce long week-end de Pâques. Les 5 et 10km de Villers-Bretonneux retiennent notre attention : ce n’est pas très loin de la maison et l’affiche annonce un parcours roulant.

Je suis tentée moi aussi. Marre de passer des heures à courir seule dans le cadre de ma prépa marathon, pas envie de rester enfermée dans le rôle de spectatrice une nouvelle fois. Mon plan d’entraînement prévoit une sortie de 50 minutes en endurance le lundi. Sur 10km ça fait une allure de 5min/km. Un poil rapide pour de l’endurance mais c’est pas grave. Trop tentant !

L’avant-veille et la veille

Lo pizza 4 fromages
Je n’en ai pas laissé une miette !

La course a lieu lundi et le week-end a été chargé. Samedi matin, j’ai réalisé la plus grosse sortie longue de ma prépa marathon, 27km en 2h30. Le soir, c’était apéro et resto bien copieux avec une amie d’enfance. J’opte pour mon plat préféré : la pizza 4 fromages. Sans oublier le digeo au pub du coin. Autant dire que je ne vais pas arriver ultra fraîche sur ce 10km.

 

Mon toc de vérification des chronos des autres participantes se déclenche le dimanche après-midi. Peu de filles, je me dis qu’avec un peu de chance, je peux accrocher un podium. Et puis non. 10km en 50min on a dit, c’est pas le moment de se mettre dans le rouge pour le marathon.

Le jour J

Réveil à 6h45, ça pique. Il faut vraiment être maso (ou très, très addict) pour se lever si tôt un jour férié. Petit déj, douche, habillage, crème Nok et huile d’arnica. Bref, les petits rituels habituels. Villers-Bretonneux (pas très glamour ce nom, je te l’accorde) se situe à une vingtaine de kilomètres de la maison, on décolle donc vers 8h15.

En arrivant sur place, on se rend très vite compte que le parcours ne va pas être si roulant que ça. Le coin est assez vallonné, ça monte et ça descend bien. On retrouve Joséphine et Benjamin, des copains runners, qui sont déjà là. Après un rapide coucou, direction le gymnase pour récupérer nos dossards. Le départ du 5km est donné à 9h30. J’attends l’arrivée de Joséphine avant de me changer et de démarrer l’échauffement. Il y a du vent, de bons faux-plats et ça caille. « Mais qu’est-ce que je fais là bon sang ? »

Les 5 premiers kilomètres

Mon objectif est de finir en 50 minutes donc je laisse les fusées se placer devant moi et me mets un peu en retrait. Malgré ça, les premiers mètres sont très rapides pour tout le monde. Un coup d’oeil à ma montre : allure 4min30/km. « Ralentis ma vieille sinon tu ne tiendras pas. Tu n’es pas là pour battre ton RP« . Je lève un peu le pied pour me caler sur l’allure que j’avais prévue au départ, 5min/km. Je vois pas mal de monde me doubler et c’est assez frustrant. Mais il faut rester raisonnable, d’autant plus que mes jambes me rappellent assez vite la sortie longue de samedi. Impossible de les lever, ça tire dans les cuisses. Le dénivelé (parcours roulant, mon oeil !) n’arrange pas la situation. Le premier kilomètre passe assez vite en 4min54. Les deux suivants sont pliés en 5min/km. Jusque là tout va bien.

Lo 10km Bretonvilloise
Mes jambes m’en ont un peu voulu après cette course, mais je ne regrette pas !

Après les montées viennent les descentes. J’en profite pour dérouler les jambes au maximum et gratter quelques places. C’est pas parce que je prépare un marathon que je dois arriver dernière non plus ! J’arrive ainsi à dépasser deux ou trois filles pendant les Km 4 et 5 que je boucle en 4min38 et 4min35. Il y a encore deux participantes visibles devant moi. Une qui me semble impossible à rattraper pour le moment. Une autre à ma portée. Je cale d’ailleurs ma foulée sur la sienne en attendant d’avoir assez de force pour la dépasser.

Le parcours est composé de deux boucles. A la moitié je repasse donc sous l’arche de départ, qui est aussi celle de l’arrivée. C’est à ce moment que je crois entendre un spectateur crier : « Bravo, 3ème et 4ème féminimes ». La musique crache à fond dans mon casque (J’utilise le Trainer de Gibson), j’espère avoir bien entendu. Quelques mètres plus loin, Joséphine et Benjamin me confirment l’info : « Allez, allez, la deuxième est juste devant ! ». La deuxième, c’est celle qui me paraît impossible à doubler. La troisième, c’est celle qui est juste devant moi. La quatrième, c’est moi.

Les 5 derniers kilomètres

Je rassemble les quelques forces qu’il me reste pour passer en mode « guerrier massaï ». Au diable la prépa marathon ! Je n’ai jamais été si près du podium, je ne peux pas laisser passer cette occasion. La troisième, que je colle déjà depuis un moment, me fait signe de passer. Je ne me fais pas prier. Au Km 6, je vois la seconde faiblir dans un faux-plat. J’en profite pour la doubler. La première est hors de mon champ de vision, donc je ne vais pas tenter quoi que ce soit et me contenter de conserver ma position jusqu’à la fin, ce qui est déjà pas mal pour quelqu’un qui devait faire ses 10km en mode tranquille Emile.

Lo 10km Bretonvilloise double femme
Avant d’enclencher le mode « guerrier-massaï », je suis encore quatrième féminine.

Le chrono ne m’intéresse plus, je suis en mode machine de guerre. Les seuls moments où je jette un oeil à ma montre, c’est pour voir combien il me reste à parcourir avant la fin. Par contre je me retourne furtivement de temps en temps pour voir où sont mes concurrentes. Celle qui était devant moi quand j’étais quatrième a doublé la seconde. Je la félicite et l’encourage. Elle me répond par un sourire. Il ne reste plus que 3 kilomètres à tenir. Je serre les dents dans les montées, accélère comme une folle dans les descentes. Je double encore quelques coureurs. À 300 mètres de l’arrivée, le dernier faux-plat. Mes cuisses sont au bout du rouleau mais elles m’autorisent un sprint final. Je passe la ligne en 47min38, un chrono loin de mon RP sur la distance (46min10 pour l’instant) mais je m’en fiche car je suis deuxième.  J’ai tout donné, je suis fière de moi. La troisième arrive quelques secondes derrière moi, je vais la féliciter.

L’organisation

Pour une première édition, les organisateurs de la Bretonvilloise ont vraiment assuré ! Les bénévoles présents étaient tous sympas et de bonne humeur, le retrait des dossards s’est fait très facilement, les toilettes pour femmes était archi propres, ce qui est assez rare sur les courses. J’ai adoré la présence d’un groupe de musique qui contribuait à la bonne ambiance générale et le cadeau offert à tous les participants. Une bonne bouteille de bière brassée dans le coin, ça fait toujours plaisir et c’est bon pour la récup !

J’ai moins aimé en revanche le fait qu’on nous ait annoncé un parcours roulant, alors que ce n’était absolument pas le cas… Et j’ai été très surprise par le fait que les 3 premiers au scratch (hommes et femmes) n’aient pas récompensés au profit des premiers de chaque catégorie. C’est la première fois que je vois ça et forcément il faut que ça me tombe dessus ! Mais cette « petite » déception ne m’empêchera pas de revenir l’année prochaine, en meilleure forme et plus disposée pour tenter de remporter la coupe 😉

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Auteur

Journaliste au caractère bien trempé, accro à ses baskets et à son chien. Blogueuse course à pied et canicross

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