« Allaiter ça fatigue », « allaiter c’est contraignant », « allaiter ça t’empêche d’avoir une vie sociale / sportive », « faire du sport va diminuer la qualité / quantité de ton lait »… Faux, méga faux, archi faux ! Si comme moi tu as choisi d’allaiter, tu as dû entendre un sacré paquet de conneries comme celles-là… Pourtant nourrir son bébé au lait maternel tout en continuant à courir, c’est bien évidemment possible, même si ça demande, je le reconnais, quelques petits ajustements.

Au moment où j’écris cet article, ma petite Elise a bientôt 5 mois et ne connaît pour le moment que le lait maternel (en plus des purées qu’elle découvre depuis quelques jours !) et le sein. Car le biberon, bien qu’il soit rempli de lait maternel, c’est clairement pas son truc. C’est donc moi et uniquement moi qui la nourris tous les jours (et toutes les nuits, grrr !) depuis sa naissance. Et ça ne m’a pas empêchée de reprendre la course à pied quelques semaines seulement après avoir accouché. Courir avec un bébé à la maison n’est pas évident, encore moins quand on allaite, je te l’accorde. Mais comme pour tout, avec un peu d’orga et surtout beaucoup de volonté, c’est largement faisable ! Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer…

L’équipement

La tenue de runneuse allaitante ne diffère pas beaucoup de la tenue de runneuse lambda. A moins de t’entraîner au Cap d’Agde il te faut bien évidemment un short ou un legging, un t.shirt et une bonne paire de baskets. Mais ce n’est pas tout. Si tu allaites, la pièce maîtresse de ton dressing c’est la brassière de sport ! Choisis-la avec un bon maintien puisque les impacts sont nombreux en course à pied et surtout à ta taille (la grossesse ça laisse quand même des séquelles positives ;)). Pour le côté pratique, sache qu’il existe également des brassières d’allaitement spécialement conçues pour le sport. Perso je n’en ai pas achetées mais je le regrette souvent au retour de mes entraînements quand ma fille hurle de faim et que je dois carrément tout faire sauter pour pouvoir la nourrir.

Autre pièce hyper sexy à ne pas zapper, surtout lors des premières semaines… les coussinets d’allaitement ! Lavables ou jetables, ronds ou ovales, tu as l’embarras du choix ! Un petit conseil, opte pour un modèle assez discret car les matières des t.shirts techniques sont sans pitié et laissent apparaître la moindre imperfection. Au bout d’un moment, quand ta lactation sera bien installée – le délai varie d’une femme à l’autre -, tu pourras enfin t’en passer ! J’ai pu abandonner les miens dans mon troisième mois d’allaitement.

Course et allaitement
Pour partir l’esprit tranquille, donne une tétée juste avant le départ de ta course même si la précédente est assez rapprochée.

L’alimentation

Si tu penses qu’allaiter te donne le droit de manger comme 4, ou pour 2, tu te mets le doigt dans l’oeil ! Alors, oui, ton corps devra fournir un peu plus d’énergie chaque jour pour produire du lait mais ne t’emballe pas car selon les spécialistes, ces besoins varieraient entre 300 et 600 calories (595 selon le Leche League). Evidemment, ces chiffres dépendent d’une femme à l’autre et surtout d’un bébé à l’autre (poids, activité sportive ou non, nombre de tétées par jour etc.). Mais n’espère pas compenser en te ruant sur la raclette et les bonbons car ce dont ton organisme a besoin ce sont des vitamines et des minéraux. Maintiens donc une alimentation équilibrée (oui aux pizzas 4 fromages si ce n’est pas 5 fois dans la semaine) et ajoutes-y une petite collation saine dans la journée : un fruit frais, des fruits à coques, un laitage, quelques tranches de pain complet, bref tu vois le concept quoi.

Côté hydratation, là par contre, tu peux te lâcher ! Car si déjà en temps normal il est important de bien boire quand on fait du sport et quand on allaite, c’est encore plus vrai quand on cumule les deux. N’hésite pas à changer d’eau régulièrement pour varier les apports. Tu trouveras bien plus de calcium dans une bouteille de Courmayeur ou de Contrex par exemple que dans ta crème dessert préférée !

L’organisation

Trouver un moment dans la journée pour courir quand on a un nouveau né à la maison ce n’est pas facile. Mais si en plus le nouveau né en question dépend de nous pour se nourrir – et / ou s’apaiser, se calmer, s’endormir – la mission se révèle encore plus compliquée. Durant les premières semaines de bébé, quand il réclame encore souvent à boire et de façon assez anarchique (coucou les 3 tétées en 2h !), je te conseille de te sauver illico après une tétée pour être sûre d’avoir au moins 30 minutes devant toi et de ne pas t’éloigner trop de chez toi. En cas d’urgence, tu pourras voler au secours du papa (ou de la nounou) plus rapidement. Pour ma part, à la belle époque où Elise faisait ses nuits (ça a duré environ un mois), je m’éclipsais vers 7h après la première tétée du matin et rentrais pile poil pour son réveil et sa deuxième tétée à 8h. Parfois, avec un peu de chance, elle se rendormait jusqu’à 9h, ce qui me laissait le temps de me doucher tranquillement à mon retour. D’autres fois, quand j’avais moins de chance, elle ne se rendormait pas du tout et pleurait dès que je la décrochais de mon sein. Quand ça se produisait, j’attendais qu’elle soit plus zen avant de la confier à son papa. Car faire du sport en sachant son petit en train de hurler à la mort, non merci, très peu pour moi.

Passés les 2 ou 3 premiers mois, quand bébé est un peu moins dépendant de toi et un peu plus « régulier » dans ses horaires de repas et de siestes, tu pourras t’éclipser plus facilement et plus longtemps. Et quand il acceptera enfin de boire au biberon le lait que tu tires (ou celui en poudre, si tu choisis un allaitement mixte), tu pourras carrément retrouver ta liberté ! Bon, garde quand même ton téléphone sur toi en mode sonnerie, on ne sait jamais  😉

L’entraînement

Allaitement et course à pied
5 mois et déjà pas mal de courses à son actif !

En terme de volume et de fréquence, libre à toi de composer tes semaines d’entraînement en fonction de tes disponibilités, tes ambitions et ton état de forme. Car si allaiter n’est pas fatiguant en soi, avoir un bébé qui se réveille 5 fois dans la nuit (à ce stade, je n’appelle plus ça un bébé mais un Gremlins) peut vite le devenir. Si c’est le cas, ménage toi (vive la sieste !) et privilégie les footings plaisir et sorties en endurance jusqu’à ce que tu te sentes suffisamment en forme pour reprendre les fractios et les séances un peu plus costauds. Mais si tu as la chance d’avoir un bébé dormeur, rien ne t’empêche de forcer un peu à l’entraînement.

Une étude citée dans un article de la Leche League (encore elle !) révèle que l’intensité élevée des séances ne modifie ni la qualité ni la quantité de lait. Le seul petit « bémol » si on peut appeler ça comme ça, c’est que l’acide lactique passe dans le lait et que celui-ci risque d’avoir un léger goût inhabituel pour ton bébé après une sortie qui pique. Il m’est déjà arrivé de rentrer complètement lessivée d’une séance ou d’une course, honnêtement, je n’ai pas remarqué le moindre changement chez Élise. La tétée acide et même salée de sueur, ça ne semble pas la déranger 😉

La compétition

En canicross, les femelles allaitantes sont interdites en compétition. Heureusement, ce n’est pas le cas en course à pied. Donc si tu as le feu vert de ton médecin, rien ne t’empêche d’aller te faire plaisir sur des courses officielles. Bon, là encore, ça ne va pas être facile, soyons honnêtes. Déjà, parce que tu devras accepter de voir tes chronos régresser alors que tes potes, eux, ont grave progressé depuis que tu es tombée enceinte. Ensuite, parce que pendant que les autres concurrents seront en train de s’échauffer tranquillement avant le départ, tu seras de ton côté en train de nourrir ta progéniture dans ta bagnole ou au mieux dans un gymnase mal chauffé. Bref, ce sera du sport avant le sport.

Pour que tout se passe au mieux, je te conseille de te lever tôt, très tôt, le matin de ta course. Ça te laissera le temps d’émerger tranquillement (important si comme moi tu ne connais plus que les nuits hachées), de te doucher, de prendre ton petit-déj et de préparer tes affaires calmement. Et bien sûr, ça te permettra aussi d’allaiter ton bébé aussi longtemps que nécessaire. Bébé que tu seras évidemment obligée d’emmener avec toi s’il est nourri uniquement au sein. En amont, tu auras donc trouvé un ou une babysitter à qui le confier pendant la course (au passage, merci à tous ceux qui nous ont dépannés pour que Monsieur et moi puissions à chaque fois courir tous les 2 !). Oublie donc les marathons et ultras dans un premier temps et choisis des distances pas trop longues si tu ne veux pas retrouver ton rejeton affamé et hurlant à pleins poumons sur la ligne d’arrivée. D’ailleurs pour éviter ça, je te conseille de lui donner une dernière tétée juste avant de prendre le départ même si la précédente est assez rapprochée. Ça te permettra de t’élancer l’esprit vraiment tranquille !

PS : Au moment où je termine la rédaction de cet article (oui, courir avec un bébé c’est pas évident mais écrire avec un bébé c’est encore pire), alleluia, ma fille accepte enfin le biberon pour des besoins ponctuels ! A moi le retour des sorties longues et des sorties plus zen où je n’ai pas à scruter mon tél pour savoir si elle n’est pas en train de crever de faim pendant que je prends mon shoot d’endorphines ! Les dimanches matins, eux, resteront inchangés. Monsieur Bête de course et moi adorons la savoir sur la ligne d’arrivée quand on participe à une course. Et on espère bien lui donner ainsi l’envie de se lancer à son tour dans une carrière de runneuse et / ou canicrosseuse 😉

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Auteur

Journaliste au caractère bien trempé, maman hyperactive, accro à ses baskets et à son chien. Blogueuse course à pied et canicross

2 Commentaires

  1. Très sympa, inspirant et pétillant cet article ! Je ne suis pas encore maman mais je partage beaucoup de tes remarques. Je suis convaincue que les choses qui nous tiennent vraiment à coeur, on arrive toujours à trouver un moyen pour les réaliser, donc bravo à toi d’aller au bout de tes convictions sportives et maternelles. Côté alimentation, ce n’est pas toujours évident d’évaluer si on mange en bonne quantité ou non (parce que savoir si on a bien les 600kcal supplémentaires pour l’allaitement ce n’est pas toujours facile). Dans ce cas-là, la balance peut être un bon allié en plus de son ressenti. Une prise de poids ou une perte de poids rapide peut indiquer des apports alimentaires inadaptés et il ne faut pas hésiter à demander conseil à son médecin/sage femme ou à des conseillères en allaitement.

    • Lo Répondre

      Bonjour Élodie, merci pour ton message et tes encouragements 🙂 Les 600 kcal correspondent à une moyenne donnée à titre indicatif et sont à adapter selon son ressenti, son mode de vie, sa morphologie, son activité. Et comme tu le rappelles, il ne faut pas hésiter à faire appel au corps médical et à des personnes compétentes au moindre doute pour le bien être de la maman et de son bébé !

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