Peur d’avoir un rythme faussé, de ne pas pouvoir me concentrer sur mes propres sensations et allures, de devoir m’arrêter trop souvent au risque de ne plus être capable de tenir 1h (ou plus) d’affilée… Lorsque j’ai débuté mon plan d’entraînement pour mon premier marathon, j’ai dans un premier temps choisi de ne pas emmener Lupo avec moi. Je suis une runneuse avant d’être une canicrosseuse, pas question de mettre mes objectifs personnels de côté ou de prendre le risque de foirer une course.

Mais le regard ultra culpabilisant – type Calimero – qu’il m’adressait chaque fois que je partais sans le calculer m’a amenée à changer d’avis assez rapidement. Lupo aime trop courir, il en a besoin et ça lui fait un bien fou (on s’est bien trouvés tous les deux !). Pour son plus grand bonheur (et le mien) il a donc participé à 7 des 8 semaines de ma première préparation marathon. Sa présence ne m’a pas pénalisée. Au contraire ! Le jour J, j’ai réalisé une très belle course, sans souffrir, et avec un chrono au-delà de mes espérances. Pour ce deuxième marathon, il était donc évident qu’il serait à nouveau de la partie. Car en plus, sa présence est une incroyable motivation pour moi. Mais comme dans tous les sports d’équipe, le runnng avec un partenaire à 4 pattes nécessite quelques ajustements et petites concessions. Voici comment je m’y suis prise pour réussir à concilier mes propres objectifs et le canicross. Evidemment ces petites astuces ne sont à appliquer qu’avec un chien en bonne santé, motivé et déjà entraîné.

Canicross et running
Avec un chien en forme et entraîné, tu pourras effectuer tous types de sorties !

Les fractionnés

Lors ma première prépa marathon, ce sont les séances que j’appréhendais le plus avec Lupo. Les phases rapides ne m’inquiétaient pas vraiment vu qu’il a une patate d’enfer. J’avais surtout peur qu’il ne me fasse pas respecter les temps de repos puisque même au trot, il va toujours plus vite que moi. Finalement, je trouve que ce sont les plus faciles et les plus fun à réaliser en duo.

Une séance de fractionnés débute toujours par 20 (30 parfois) minutes d’échauffement. Durant cette période, je préfère courir seule et laisser Lupo en libre. Je cours très souvent le matin au saut du lit, il me faut donc un peu de temps pour émerger et faire chauffer le moteur. De son côté, ma bête de course en profite pour faire ses besoins, taper quelques sprints car lui, contrairement à moi, est chaud patate dès le réveil, et renifler tranquillement toutes les bonnes (ou mauvaises) odeurs qui mettent ses sens en éveil.

Quand vient la phase de travail, je préfère l’avoir relié à moi pour pouvoir me concentrer sur ma vitesse et mes sensations sans avoir à le surveiller ou à m’égosiller pour le rappeler à l’ordre lorsqu’il se met à traquer une bestiole 200 mètres devant. Il me suffit d’un « go go go » une seconde avant le départ de la série pour lui faire comprendre qu’il va falloir envoyer du pâté. Lors des premières séances de running, je l’encouragerais et le félicitais durant toute la période de travail (30 secondes / 400 ou 800 mètres) pour qu’il reste motivé jusqu’au bout. Pour déclencher les phases de repos, je lui dis « doucement ». D’ordinaire très têtu, il a très vite compris le fonctionnement car il prend ça comme un jeu et ça l’éclate.

Si ton chien tracte aussi fort que le mien et t’aide donc pas mal lors des temps de travail, je te conseille de gonfler un peu les allures que tu es sensé respecter. Si mon plan m’indique une cible de 5min/km par exemple, je vise plutôt 4min45. Avec un chien qui a du mal à cavaler ou qui se fatigue vite, je te conseille plutôt des séances en libre qui lui permettront d’aller à son propre rythme.

Lupo canicross libre
Pour les sorties longues ou trop intenses, mieux vaut privilégier le libre.

L’endurance

Pour ces séances tranquilles qui durent généralement entre 45 minutes et 1h15, deux options. Si notre parcours est désert, ce qui arrive souvent à l’heure à laquelle on court, je laisse Lupo en libre pour éviter de le frustrer avec mon allure de tortue. S’il y a du monde (ou des chats) je le relie à moi et augmente très légèrement ma vitesse de croisière pour le dissuader de marquer son territoire tous les 2 mètres et de s’arrêter pour renifler des choses plus ou moins intéressantes.

Si ton chien est moins speed que le mien ou ne tracte pas beaucoup, tu peux réaliser ces séances entièrement en canicross. C’est d’ailleurs ce que je fais quand Lupo est calme.

Les sorties longues

J’entends par là les séances d’1h15 et plus. Il va de soi que tu ne demanderas pas à ton chien de tracter sur une période aussi longue (à moins que tu lui veuilles du mal ?). Si tu as la chance d’habiter à la campagne, de courir dans des endroits déserts et d’avoir un chien qui a un minimum de rappel, le must est de pouvoir réaliser ces sorties en libre, ce qui lui permettra de s’éclater sans trop se fatiguer.

Mais si comme moi tu vis en ville et que ton chien ne sait pas ce qu’est la marche – ou la course – au pied en libre, tu seras peut-être contraint de l’attacher. Dans ce cas, la durée de vos sorties sera plus limitée. Perso, je ne dépasse pas 1h30, à moins de pouvoir alterner avec des périodes en libre et / ou des pauses pour marcher un peu. De toute façon je préfère réaliser les grosses sorties longues (1h45 et plus) en solo, ça me permet de travailler mon mental pour le jour J et de mieux me concentrer sur mes sensations.

Concilier canicross et running
Lupo s’entraîne avec moi toute l’année, même en vue d’une compétition en solo.

L’hydratation

Quel que soit le type de sortie, il ne faut pas oublier de faire boire Médor. Sur une séance d’endurance ou une sortie longue, je m’arrête généralement tous les 5km, voire plus si nécessaire. Quand on fait des fractionnés, je m’arrange pour le rafraîchir en fin d’échauffement avant les intervalles et sur la période de retour au calme afin de ne pas casser le rythme. Si vraiment je vois qu’il n’en peut plus durant les intervalles, je profite d’un temps de repos pour le faire boire.

Je trouvais ces petites pauses très contraignantes au début. Pour moi arrêt était synonyme d’échec. Je craignais également que mon corps s’habitue et n’arrive plus à courir 1h ou 2h d’affilée en compétition. Or il n’en est rien, ce ne sont pas quelques secondes qui vont te plomber ta prépa. Profite justement de ces instants pour avaler un sucre, un gel (beurk), quelques gorgées d’eau, te moucher ou remettre ta culotte en place.

Et toi, quel est ton plus grand défi avec Médor ?

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Auteur

Journaliste au caractère bien trempé, accro à ses baskets et à son chien. Blogueuse course à pied et canicross

2 Commentaires

  1. Bonjour,

    Pour ma part, je vise des sorties trail de 22/25 km avec mon chien (Rio : Berger blanc croisé Golden). Pour le moment, nous avons fait un trail de 18km qui s’est très bien passé. D’ailleurs les autres courreurs (non canicrosseurs) nous ont bien accueilli, l’esprit trail…

    En attendant j’apprécie de lire tes blogs, je m’y retrouve beaucoup 🙂

    A bientôt !!!

    • Lo Répondre

      Bonjour JB,

      Merci pour ton commentaire !
      C’est top que tu puisses partager des moments aussi sympas avec Rio
      On voit de plus en plus de chiens sur trail. C’est d’ailleurs une discipline à laquelle j’aimerais m’essayer dans un futur assez proche. J’aime beaucoup l’esprit détendu et le côté nature qu’on ne retrouve pas forcément sur route.

      A bientôt !

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